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Un trilogie qui s’effiloche

21 janvier 2012 1 commentaire

@ Christophe Raynaud de Lage

Alain Françon s’attaque pour la première fois à l’écriture de Goldoni. Muriel Mayette lui a confié le soin d’ouvrir le théâtre éphémère, construit dans les jardins du Palais-Royal, pendant les travaux de la salle Richelieu. La première du spectacle a été retardée en raison d’une grève qui a paralysé la Comédie-Française pendant trois semaines

Ainsi voici La Trilogie de la Villégiature donnée dans ce théâtre en bois, à la vue plongeante, et aux premiers rangs dans les courants d’air. Pour son entrée au répertoire, la Comédie-Française a commandé à Myriam Tanant une nouvelle traduction de la pièce. Son texte donne un sacré coup de jeunesse à la pièce, on ne peut pas en dire autant des décors vieillots, dont le systématisme va lasser dans la troisième partie (les panneaux s’ouvrent et se ferment pour signifier le changement de lieu). 

La pièce de Goldoni repose essentiellement sur l’analyse des caractères de tous ces bourgeois instables, pas très heureux de leur condition, désargentés pour certains, et qui vivent au dessus de leurs moyens. « Dépenser c’est toujours à la mode ! » dit Filippo. Les hommes cherchent l’amour et les femmes plus malicieuses savent se montrer espiègles. Ce sont elles qui mènent les hommes par le bout du nez. 

Et à ce titre les rôles féminins sont bien dessinés par Alain Françon. Anne Kessler campe une Vittoria angoissée, un brin dérangée, effrontée, gâtée. Elle sautille comme une petite peste, on dirait une ado d’aujourd’hui. Georgia Scalliet est une Giacinta réfléchie, qui se laisse amadouer pour mieux diriger ensuite. Alors tout cela fonctionne dans la première partie, on se laisse guider par l’interprétation de la troupe. Puis on se lasse très vite. Par moment on se réveille et ce sont encore les rôles féminins qui redonnent un coup d’accélérateur, il en va ainsi de la performance de Danièle Lebrun qui incarne une Sabrina, veuve libérée, un peu nymphomane et totalement féministe qui lâche : « Avec les hommes plus on en fait, mois ils en font ! » Elle redonne du sens à la pièce. Enfin la dernière partie tire en longueur, elle est sans surprise. Dans cette fin qui doit amener cette société à la catastrophe,  on ne sent pas du tout le chaos. 

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr – 20/01/12 

La Trilogie de la villégiature 

de Carlo Goldoni 

texte français de Myriam Tanant 

mise en scène d’Alain Françon 

Avec 

Anne Kessler, Vittoria 

Éric Ruf, Paolo 

Bruno Raffaelli, Fulgenzio 

Florence Viala, Costanza 

Jérôme Pouly, Cecco 

Laurent Stocker, Leonardo 

Guillaume Gallienne, Guglielmo 

Michel Vuillermoz, Ferdinando 

Elsa Lepoivre, Brigida 

Hervé Pierre, Filippo 

Adrien Gamba-Gontard, Tognino 

Georgia Scalliet, Giacinta 

Adeline d’Hermy, Rosina 

Danièle Lebrun, Sabina 

et les élèves-comédiens de la Comédie-Française 

Romain Dutheil, Serviteur chez Costanza 

Guillaume Mika, Serviteur chez Filippo 

Samuel Roger, Beltrame 

Julien Romelard, Tita 

Et Floriane Bonanni, la violoniste 

Version scénique d’Alain Françon et d’Adèle Chaniolleau 

Dramaturgie et assistanat à la mise en scène d’Adèle Chaniolleau 

Scénographie de Jacques Gabel 

Costumes de Renato Bianchi 

Lumières de Joël Hourbeigt 

Son de Daniel Deshays 

Musique originale de Marie-Jeanne Séréro 

Maquillages de Carole Anquetil 

Entrée au répertoire 

À paraître en janvier 2012, Le Nouveau Cahier de la Comédie-Française n°9 consacré à Carlo Goldoni. 

Durée : 4h30 avec deux entractes 

Théâtre éphémère, matinée à 14h, soirées à 19h 

Jusqu’au 12 mars 2012 

1 commentaire »

  • pass :

    Certes on rit de moins en moins au fil des trois représentations, mais il faut comprendre que cela n’est en rien hors du projet scénique (lumières et costumes s’assombrissent) ni du texte qui s’excuse à la fin d’être moins drôle qu’au début. C’est pourtant clair, non ?

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