Olivier Py veut renouer avec les CDN pour les 4 prochaines éditions du Festival d’Avignon

Olivier Py photo Stéphane Capron

Après une édition placée sous le signe de l’Afrique subsaharienne et avec une forte présence d’artistes féminines, Le Festival d’Avignon 2018 sera placé sous le signe du genre, de la trans-identité et de la transsexualité. Il s’agit de la seule confidence de son directeur Olivier Py lors de la conférence de presse de bilan. En coulisses, il a beaucoup été question des rapports entre le Ministère avec la réunion houleuse de la DGCA et des directrices et directeurs des CDN. Olivier Py prend pour la première fois position et défend ses confrères, et souhaite renouer avec une présence plus importante des CDN dans la programmation des prochaines éditions.

Comment qualifiez-vous cette édition 2017 du Festival ?

Elle a été assez apaisée par rapport à d’autres éditions qui mettaient en scène le chaos du monde. Il y avait une force calme. C’est peut-être parce que l’on a ouvert avec des japonais dans la Cour et que cet esprit zen a été présent sur l’ensemble du festival. La thématique des femmes que j’avais proposée comme clé de lecture a été très développée. J’ai vu se dessiner un nouveau féminisme. On a vu des femmes fortes, puissantes, pas soumises, pas victimes. Des femmes à l’image d’Antigone qui a traversé plusieurs spectacles. C’est comme si cette jeune femme qui lutte est devenue nécessaire à notre conscience politique.

Il n’y a pas eu de spectacle cette année dans la carrière Boulbon pour des raisons financières. Est-ce qu’elle pourrait rouvrir l’été prochain ?

Le festival manque d’une autre grande jauge après la Cour de plus de 1000 places. Le public nous réclame Boulbon. J’espère que l’on pourra y retourner. Mais on ne pourra pas continuer si les budgets ne sont pas revus à la hausse.

Êtes-vous jaloux du budget du Festival d’Art lyrique d’Aix en Provence ?

Je ne suis pas jaloux, je suis envieux ! Tant mieux pour eux. Je me dis que le rayonnement international du Festival et la ferveur du public font que l’on pourrait penser à subventionner un peu plus Avignon.

Pendant ce festival, le ton est monté entre la directrice générale de la création artistique et les directrices et directeurs des Centres Dramatiques Nationaux. Qu’en pensez-vous ?

Je n’étais malheureusement pas présent à cette réunion, n’étant pas directeur d’un CDN mais ce que je peux vous dire c’est qu’il est important de défendre le théâtre public. Il faut le défendre à 300%. Les CDN font un travail magnifique avec un renouvellement important de jeunes directrices et directeurs. Ils sont d’une probité irréprochable. Arrêtons de taper sur ce pauvre petit théâtre public qui est microcosmique sur le plan budgétaire et qui fait depuis 70 ans un travail exceptionnel. Pourquoi tant de haine ? C’est une chose que je ne comprendrai jamais.

Cette année, il n’y avait dans la programmation qu’un seul directeur metteur en scène invité – Robin Renucci. Est-t-il envisageable qu’il y en ait plus dans les quatre prochaines années ?

Ce serait très bien. Le festival est le lieu où le théâtre public se refonde, se ressource, se repense et se rencontre. C’est donc ma volonté.

Avez-vous des noms ?

C’est bien tenté ! Mais il est encore trop tôt.

Quelle sera le thème du focus de l’année prochaine ?

Je n’ai pas encore une idée très précise du focus géographique mais ce que je peux vous dire c’est qu’il sera beaucoup question du genre, de la trans-identité et de la transsexualité. Des thèmes peu abordés ces dernières années. Beaucoup d’artistes en parleront l’année prochaine et croiseront leurs pensées et leurs émotions.

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

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