Gatsby pas à la hauteur de sa légende

Avec The Great Gatsby la danse se fait show dans le sillage de la star Denis Matvienko. Le spectacle est à l’affiche cette semaine aux Folies Bergère.

Lorsque le rideau se lève le spectateur pense un instant que c’est à une représentation de Cabaret le “musical” auquel il va assister : danseurs un pied sur des tables, costumes sexy. Mais il s’agit en fait de The Great Gatsby une création originale de Dwight Rhoden autrefois danseur chez Alvin Ailey fondateur par la suite de Complexions Contemporary Ballet.

Le tout file à bonne allure deux heures durant sur une partition pas toujours inspirée de Konstantin Meladze. Des épisodes de la vie de Gatsby, le héros magnifique et solitaire de Fitzgerald, affleurent sur le plateau des Folies avec peu de moyens. Projections vidéo, changements de look. La danse fait le reste. Ce n’est pas la première fois que le chorégraphie s’empare d’un roman : De La Dame aux Camélias ( Neumeier) aux Illusions perdues ( Ratmansky) les exemples sont nombreux – et les fortunes diverses. Il y aura donc dans cette production des fêtes, des idylles amoureuses, des affrontements le tout servi par une gestuelle regardant ouvertement sur le style Broadway.

Denis Matvienko est Jay Gatsby. Ce danseur vedette a fait la majeure partie de sa carrière au Marrinsky au débuts des années 2000. On sent encore chez lui la capacité à maîtriser son sujet mais il lui manque une certaine expressivité. Autour de lui gravite un modeste corps de ballet. Et quelques personnalités comme Clifford Williams venu de New York ou des interprètes plus classiques comme Olga Grishenkova ou Stanislas Skrinnik. The Great Gatsby leur doit beaucoup. Quant à la chorégraphie de Dwight Rhoden elle (sur)joue l’efficacité avec de nombreux sauts, des mouvements de bras un rien mécaniques.

Le spectacle souffre parfois d’un manque de lisibilité dans sa dramaturgie qui permettrait de suivre l’intrigue. Mieux vaut avoir relu Gatsby avant de venir. A défaut on peut passer une soirée convenable sur fond d’esprit jazz. On se dit néanmoins que le héros de F Scott Fitzgerald mérite un ballet à la hauteur de son mythe.

Philippe Noisette – www.sceneweb.fr

The Great Gatsby chorégraphie Dwight Rhoden, direction artistique Denis Matvienko, musique Konstantin Meladze.
Les 17 et 18 octobre Folies Bergère Paris www.foliesbergere.com
le 31 décembre Palais des Festivals Cannes www.cannes-destination.fr

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