Le Britennuicus de Stéphane Braunschweig

 © Brigitte Enguerand

© Brigitte Enguerand

L’entrée de Dominique Blanc à la Comédie Française était un événement très attendu de la dernière partie de saison. C’est en tragédienne qu’elle fait ses premiers pas dans la maison. Malheureusement, la mise en scène de Stéphane Braunschweig, n’est pas à la hauteur des espérance que pouvait nourrir le public.

Avant même que le rideau se lève, on a envie d’aimer. Forcément, l’entrée de Dominique Blanc à la Comédie Française est un événement. Dès que la lumière s’allume, elle est sur scène. Les premières répliques avec Albine (Clotilde de Bayser) sont enlevées, énergiques. Blanc est une Agrippine en proie au doute, prise à la gorge par la nécessité de survivre face à Néron, son fils qui l’a écartée du pouvoir puis finalement de lui-même.

On a envie d’aimer mais les minutes passent et c’est finalement l’ennui qui occupe la place laissée à l’exaltation. À l’exception d’Hervé Pierre (dans le rôle de Burrhus) et de Dominique Blanc, tous les personnages sont assez linéaires, à quelques rares exceptions dans les trente dernières minutes. Mais aucun n’a la profondeur de sentiments qu’appelle la tragédie, ni la subtilité de jeu qui laisserait la place à une interprétation nouvelle de l’œuvre de Racine.

Car c’est véritablement à Britannicus que l’on assiste. La pièce de Racine simplement redécorée en apparence est finalement bien trop classique, bien trop élégante. Stéphane Braunschweig semble avoir mis moins de génie dans la création de sa scénographie où le nombre de portes qui diminue peu à peu devient le symbole du destin immuable du héros. Pour tout le reste, l’ameublement n’a rien à enlever à une quelconque telenovela. Tristement, la transposition au monde de l’entreprise achève de rendre le spectacle aussi pesant qu’un bureau au quotidien avec ses petites luttes de pouvoir sommes toutes assez banales.

Hadrien VOLLE – www.sceneweb.fr

Britannicus de Jean Racine
Mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig
Costumes : Thibault Vancraenenbrœck
Lumières : Marion Hewlett
Son : Xavier Jacquot
Collaboration artistique : Anne-Françoise Benhamou
Collaboration à la scénographie : Alexandre de Dardel
Maquillages : Karine Guillem
Assistante à la mise en scène : Laurence Kélépikis
Clotilde de Bayser : Albine
Laurent Stocker : Néron
Hervé Pierre : Burrhus
Stéphane Varupenne : Britannicus
Georgia Scalliet : Junie
Benjamin Lavernhe : Narcisse
Dominique Blanc : Agrippine
Élèves-comédiens :
Garde et Convive : Théo Comby Lemaitre
Garde et Convive : Hugues Duchêne
Garde et Convive : Laurent Robert

Comédie-Française
Du 7 mai 2016 au 23 juillet 2016

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