Aux “Boréales” de Caen, Lucie Berelowitsch rate Dina

photo - Tristan Jeanne-Valès

photo – Tristan Jeanne-Valès

Au festival des Boréales de Caen, où la Scandinavie est à l’honneur, Lucie Berelowitsch adapte et met en scène un roman d’Herbjørg Wassmo : « Le Livre de Dina ». Une histoire du Grand Nord qui souffre, malheureusement, de la difficulté de créer de tels paysages sur scène.

Est-ce le Klondike ? L’Antarctique ? Une synthèse des deux : Tromsø en Norvège. L’histoire se déroule dans un village entre deux mondes, elle montre la vie de Dina, son « Livre », du nom que portent les récit bibliques. Les références au livre saint sont d’ailleurs nombreuses. Ici, dès l’âge de cinq ans, Dina porte la culpabilité de la mort de Gertrude, sa mère. Quand elle grandira, elle poussera à la mort ou bien tuera les hommes dont elle tombera amoureuse. Sa découverte du sexe se fait avec Jacob, de dizaines d’années son aîné. Le drame s’achève sur le coup de fusil qu’elle donnera à Léo, repris de justice Russe à la présence intermittente dans la vie de Dina. Fille sauvage, espiègle et si forte qu’elle semble parfois être consumée par une tempête de flammes la possédant.

L’adaptation en partie signée par la metteure en scène oscille entre narration directe adressée au public en avant-scène et illustration aux plans arrières. Des passages joués inconstants par leur qualité. Car si l’on apprécie le jeu des deux interprètes de Dina, Armande Boulanger et Malya Roman, le jeu des hommes, notamment celui de Thibault Lacroix que l’on avait connu excellent dans l’Antigone de Berelowitsch, est ici monotone qu’il pousse presque au rire à cause du manque de nuance causé par une virilité exacerbée et donc peu crédible.

On aperçoit quelques belles images, sporadiques, assaisonnées façon hiver par une musique répétitive et lancinante. Mais l’histoire épique est finalement réduite à des rencontres devant la serre qui compose l’essentiel de la scénographie. L’espace ne sert nullement le drame qui pourtant se nourrit de la dimension grandiose appelée par le texte. Peut-être que le « Livre de Dina » trouverait davantage d’essor à rester à l’écrit ou à l’écran.

Hadrien Volle – www.sceneweb.fr

Le livre de Dina
d’Herbjørg Wassmo
Traduction : Luce Hinsch (éd. Gaïa)
Mise en scène : Lucie Berelowitsch
Adaptation : Lucie Berelowitsch, avec la collaboration de Yann Richard

Distribution : Malya Roman, Thibault Lacroix, Jonathan Genet, Armande Boulanger
Musique : Sylvain Jacques
Scénographie : Pierre-Guilhem Coste 
Lumières : Kelig Le Bars
Coproduction Les 3 Sentiers et la Comédie de Caen – CDN de Normandie, en partenariat avec le Festival Les Boréales.Avec le soutien de la DRAC Normandie, de la Région Normandie et duConseil départemental de la Manche – avec le soutien en résidence du théâtre de Choisy-le-Roi, scène conventionnée pour la diversité linguistique, de L’ÉTABLE – Compagnie des Petits Champs, et du Panta Théâtre (Caen). Avec l’aide de la SPEDIDAM
Durée 1h40

Création à la Comédie de Caen
Du 19 au 21 novembre 2016 dans le cadre du Festival Les Boréales 2016

Au Théâtre de l’Union de Limoges
8 et 9 Février 2017 – 20h00

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