Roberto Zucco : la rencontre entre Collin et le CNSAD s’éternise

Roberto Zucco © Christophe Raynaud de Lage

Au Festival d’Avignon, Yann-Joël Collin met en scène la dernière promotion du CNSAD dans un spectacle réunissant deux textes, Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès et Prologue. Sur le théâtre de Didier-Georges Gabily. Si tous les comédiens sont excellents, la création connaît d’importantes longueurs dues au manque de fluidité de la mise en scène.

On retrouve dans la construction de l’espace les éléments récurrents chez Yann-Joël Collin : peu de choses sur le plateau, deux portes, une table, parfois une chaise. Comme dans La Cerisaie ou En attendant Godot, deux des dernières créations de Yann-Joël Collin, le squelette du décor est visible : aux comédiens de lui donner la chair et la peau qui lui manquent. Une caméra vient agrémenter l’espace, elle sera le lien avec l’extérieur.

Pour les textes, Yann-Joël Collin a soigné la partition de tous les acteurs. Chaque jeune élève a son moment. Le recours au Prologue de Gabily semble être un exercice obligé pour palier aux déséquilibres dans la pièce de Koltès quant à la place limitées des rôles féminins. Pour les garçons, aucun problème : à chaque scène l’un d’entre eux est Zucco – ce qui peut perdre le spectateur qui ne connaît pas la pièce. Du point de vue du jeu, force est de constater que cette promotion est techniquement excellente. Du côté de l’incarnation, aucun faux-pas n’est à constater. Le spectacle est juste trop long.

Yann-Joël Collin fait d’une pièce souvent monté en 1h30 un spectacle de 2h20. Il y a des imperfections dans la mise en scène comme s’il avait voulu mettre son travail en retrait, moins affiné ses effets, pour se concentrer sur le jeu des comédiens. Le spectacle ne coule pas, manque de dynamisme, chaque scène est entrecoupée d’un générique à la guitare électrique façon « C’est pas sorcier », on fini par l’attendre, comme un gag récurrent.

Alors il faut prendre cette création pour ce qu’elle est : un exercice de fin d’étude. Sauf que ces derniers ne sont pas condamnés à être ce que Yann-Joël Collin en fait – il n’y a qu’à voir le travail de la promotion 43 du TNS mis en scène par Julien Gosselin au Festival de Marseille pour en avoir une preuve éclatante. On a donc hâte de retrouver l’ensemble de ces comédiens dans des productions qui se concentreront moins sur leurs personnes et davantage sur le théâtre.

Hadrien Volle – www.sceneweb.fr

ROBERTO ZUCCO
DE BERNARD-MARIE KOLTÈS
et PROLOGUE. SUR LE THÉÂTRE
DE DIDIER-GEORGES GABILY
YANN-JOËL COLLIN
avec le Conservatoire national supérieur
d’art dramatique – Paris
Mise en scène Yann-Joël Collin

Dramaturgie Pascal Collin
Lumière Lauriano de La Rosa
Costumes Camille Aït Allouache
Assistanat à la mise en scène Florent Hu
Aide à la conception Laurent Pavlovsky
Avec James Borniche, Margaux Chatelier, Louise Chevillotte, Manon Chircen, Marceau Deschamps-Ségura, Charlie Fabert, Louise Guillaume, Florent Hu, Roman Jean-Elie, Hugues Jourdain, Jean-Frédéric Lemoues, Sipan Mouradian, Morgane Real, Roxanne Roux, Léa Tissier, Alexiane Torres et Sélim Zahrani
Textes Bernard-Marie Koltès, Didier-Georges Gabily
Production : Conservatoire national supérieur d’art dramatique
Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès, est publié aux éditions de Minuit et Prologue. Sur le théâtre de Didier-Georges Gabily est publié chez Actes-Sud papiers
durée 2h20

Festival d’Avignon 2017
11 12 13 JUILLET À 17H
GYMNASE DU LYCÉE SAINT-JOSEPH

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