Le Songe concilie homme et nature

photo - Laurent Schneegans

photo – Laurent Schneegans

Après une mise en scène de « L’Opéra de Quat’sous » de Bertold Brecht par Vincent Goethals l’année dernière, Guy-Pierre Couleau a été invité en voisin – puisqu’il est directeur de la Comédie de l’Est – à mettre en scène le spectacle principal des Estivales 2016 au Théâtre du Peuple de Bussang. La pièce est actuellement en tournée en salle, elle arrive au Théâtre des Quartiers d’Ivry.

Guy-Pierre Couleau s’attaque pour la première fois à William Shakespeare. Parmi ses œuvres, il a choisi la plus en adéquation avec ce lieu, situé au cœur d’une forêt des Vosges et dont le fond de scène s’ouvre sur la végétation : « Le Songe d’une nuit d’été ». L’action se déroule entre une Athènes fantasmée et une forêt profonde – tenant davantage de Brocéliande que des collines de Dimosio Dasos Rapentosas. Guy-Pierre Couleau fractionne fortement les deux espaces : la ville est dépouillée, les personnages sont sobres en costumes cravates et le plateau est nu. Lorsque l’action se déporte dans la forêt, pour montrer au spectateur les amoureux en fuite, des esprits sylvestres aux visages feuillus jonchent le sol d’humus coloré aux multiples nuances de verts, magnifiés par les lumières laser composées par Laurent Schneegans.

Un travail porté par des professionnels mais aussi des comédiens amateurs – intégrés au projet, comme l’exige la tradition à Bussang. On est surpris par l’homogénéité dans le jeu. Rarement on remarque qui est amateur et qui ne l’est pas. Notons la présence de François Kergourlay en Phil Pelote, l’un des artisans qui joue la fameuse « pièce dans la pièce » devant Thésée. Il est un Pyrame habité, un âne exigeant, et il est de ces comédiens qui ne manquent pas de nous rappeler à chacune de ses répliques, par le rire qu’il provoque, que nous sommes bien en train d’assister à une comédie.

Par un habile mélange de dispositifs, à la fois archaïques et modernes, Guy-Pierre Couleau donne une couleur drôle, aux teintes acidulées, souvent onirique à sa mise en scène et il fait ressortir à merveille l’essence qu’il a lu dans « Le Songe d’une nuit d’été » : une réconciliation entre la nature et les hommes.

Hadrien VOLLE – www.sceneweb.fr

Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare
Traduction de Françoise Morvan et André Markowicz
Avec la collaboration de George Hugo Tucker
Mise en scène : Guy Pierre Couleau, assisté de Carolina Pecheny
Scénographie : Elissa Bier
Costumes : Laurianne Scimemi assitée de Blandine Gustin
Lumières : Laurent Schneegans
Musique originale : Philippe Miller
Masques et maquillages : Kuno Schlegelmilch
Avec : Sébastien Amblard, Pierre-Alain Chapuis en alternance avec François Macherey, François Kergoulay, Anne Le Guernec, Adrien Michaux, Rainer Sievert, Jessica Vedel, Clémentine Verdier, et les amateurs : Éric Collombet, Pierre Gallo, Hugues Gesbert, Daniel Gille, Fiona Hamonic, Guillaume Kovacs, Margaux Langlest, Benjamin Le Merdy, José-Maria Mantilla, Noé Pflieger, Sandra Sadhardheen, Céline Sempiana.
Production : Comédie de l’Est – CDN d’Alsace – Colmar. Coproduction : Théâtre du Peuple de Bussang.
Durée : 3h avec entracte

Jusqu’au 28 août au Théâtre du Peuple, Bussang
Tournée : du 28 février au 17 mars 2017 à la Comédie de l’Est (Colmar), les 3 et 4 mai au Théâtre Firmin Gémier (La Piscine), du 15 au 23 mai 2017 au Théâtre des Quartier d’Ivry.

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