Israel Galvàn, le danseur vampire

La Fiesta © Rubén Camacho

« Je crois que la fête est à la fois l’expression et la nécessité de ma culture ». En 2009, Israel Galván a présenté dans la carrière Buulbon, El Final de este estado de cosas, il est de retour au Festival d’Avignon avec La Fiesta. Pour lui, ces fêtes n’ont rien à voir avec celles de sa communauté, avec la vie de famille. Des fêtes intimes qui « laissent apparaître une certaine violence, un certain érotisme dans une sorte de libération générale. ». Autour de lui, sont réunis des danseurs et des musiciens atypiques (Emilio Caracafé, El Junco, Ramón Martínez, Niño de Elche, Uchi) et pas exclusivement flamencos (Eloísa Cantón, Minako Seki, Alia Sellami), car il aime penser qu’une voix devient flamenca dès qu’elle se pose entre flamencos. C’est la première fois que le chorégraphe est confronté à la Cour d’honneur. Rencontre.

La Cour d’honneur peut faire peur aux créateurs. Est-ce que cela est votre cas ?

J’ai conscience que le lieu possède une grande histoire et une mémoire. Le corps va le sentir uniquement au moment d’entrer et de danser dans ce lieu. Je suis très réceptif à l’énergie et à l’atmosphère des lieux.

Avez-vous adapté le spectacle pour la Cour ?

Le spectacle n’a pas été conçu spécialement pour Avignon. Mais dans mon subconscient ce lieu à miné mes neurones. Il a alimenté cette fête mystique. La cour d’honneur est comme un virus qui est entré dans mon corps.

Quelle est la tonalité de cette fête ?

Les fêtes sont très longues en Espagne. Elles peuvent durer trois ou quatre jours. Dans le spectacle on est déjà dans les contre coups de la fête. On assiste aux coulisses d’une fête.

Comment faites-vous pour vous renouveler ?

Il y a toujours cette idée de créer des écoles dans le flamenco. Les danseurs les suivent. Moi je profane les écoles. Tous les deux ans je tue le danseur que je suis pour en créer un autre. Je disparais et je me détruis tous les deux ans pour mieux renaitre.

Comment travaillez-vous avec les artistes qui vont entourent ?

Je suis comme un vampire, une matière absorbante. Je m’inspire abondamment de tous ces artistes qui m’entourent. Je les observe, je me nourri de leur talent.

Propos recueillis par Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

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