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Colette Nucci : « Le public va pouvoir se réapproprier le Théâtre 13 »

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Après deux ans de travaux, le Théâtre 13 s’apprête à rouvrir ses portes à la fin de la semaine, les 25 et 26 février. Deux journées portes ouvertes avant un événement encore plus remarquable à partir du 9 mars : Alexis Michalik, qui triomphe actuellement au Théâtre du Palais Royal avec « Edmond », va créer son nouveau spectacle, « Intra Muros » sur la scène du 13e arrondissement, ce même plateau qui a vu naître, à Paris, son « Porteur d’histoire ». Sceneweb a rencontré Colette Nucci, directrice des lieux.

Le Théâtre 13/Jardin, site historique de la structure, va de nouveau ouvrir ses portes les 25 et 26 février prochains.

D’abord, une précision : les 25 et 26 février sont des journées portes ouvertes pour que les gens du quartier, nos abonnés et ceux qui déploraient la fermeture du site, puissent venir se réapproprier le théâtre. Ils vont pouvoir visiter les lieux, aller dans les loges et, pour l’occasion, nous offrons trois spectacles le samedi et trois le dimanche. La véritable réouverture au public, ce sera le 9 mars avec la création d’Alexis Michalik, « Intra Muros ».

Après deux ans de travaux, qu’est-ce qui a changé ?

Nous avons fait une rénovation. Le public va retrouver la même salle, avec les mêmes allées, mais celle-ci a été rafraîchie et le confort a été accru, on a donc perdu quelques places. De 254, on est descendu à 232 places avec le proscenium, 240 quand celui-ci sera retiré. On a tenu à conserver l’extraordinaire rapport salle/scène qui a toujours existé dans ce lieu.

Il y a-t-il eu des changements dans la distribution ?

Oui, principalement au niveau des loges. L’ordre a été changé, les bureaux ont définitivement quitté le 13/Jardin pour s’installer où ils sont aujourd’hui, au 13/Seine. Désormais, nous sommes aussi complètement isolés du centre d’animation, l’escalier qui y menait a été détruit, celui-ci provoquait d’importantes nuisances sonores et posait des questions de sécurité.

Vous allez donc conserver les deux espaces, 13/Seine et 13/Jardin ?

Exactement. Deux salles accueilleront deux types de programmation. Elles seront toujours axées sur la découverte d’auteurs et de metteurs en scène, mais à Jardin nous allons faire ce qu’on a toujours fait, à savoir des programmations longues et des auteurs qui sont des « valeurs sures », la saison prochaine reprendra avec Feydeau, puis Marcel Aymé. Ce seront des spectacles où on aura plus de facilité à accueillir des scolaires et pour lesquels on a la certitude qu’on aura toujours un fond de salle important. À Seine, on prendra davantage de risques. La saison prochaine verra beaucoup d’auteurs vivants d’Europe de l’est. C’est aussi au Théâtre 13/Seine que se déroulera le concours Jeunes metteurs en scène qui est au cœur de notre projet.

photo - Cyrille Weiner

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Comment allez-vous gérer deux salles en même temps ?

On l’a déjà fait quand on s’est installé au 13/Seine. Les travaux de Jardin ont débutés avec deux ans de retard, on a donc fonctionné à deux salles jusqu’à ce que le chantier démarre. De cette expérience, il y a des erreurs que je ne veux pas répéter, comme les cas où les deux salles se font concurrence. Cela a été le cas avec « Le Porteur d’histoire » d’Alexis Michalik qui se déroulait à Jardin. On accueillait en même temps « Le Dragon » à Seine, une pièce magnifique montée par Stéphane Douret. Pour la deuxième on s’est pris un four ! Le public a été aspiré par la première. Il y aura donc des ajustements la saison prochaine pour que les créations plus fragiles puissent s’installer, en les programmant avec quinze jours d’avance par exemple.

À propos de valeurs sûres, vous accueillez la nouvelle création d’Alexis Michalik, qui est aussi aujourd’hui une valeur sûre du théâtre privé, comment se retrouve-t-il de nouveau au Théâtre 13 ?

À l’époque de la création du « Porteur d’histoires » je l’ai beaucoup grondé, car l’engouement des médias s’est déclenché lorsque le spectacle a été accueilli au Studio des Champs-Élysées. Lorsqu’il était en entretien ou à la télévision, il ne citait jamais le Théâtre 13 qui est pourtant le premier théâtre à l’avoir accueilli sur Paris. Cela aurait pu mettre un sacré coup de projecteur sur notre activité de découverte ! Mais l’an dernier, il m’a fait le plus beau cadeau qu’il soit : il m’a proposée de créer de nouveau sur notre plateau, le retentissement pour le Théâtre 13 est extraordinaire !

Est-il prévu de reprendre cette création, « Intra Muros », dans le théâtre privé ?

Le spectacle est déjà programmé en septembre 2017 à la Pépinière, mais lorsque les journalistes écriront sur le spectacle, j’espère qu’ils n’oublieront pas de mentionner le Théâtre 13 !

Donc vous produisez des spectacles qui vont ensuite dans le privé ?

Le Théâtre 13 ne fait pas de production, seulement de la co-réalisation ! C’est aux compagnies que l’on accueille de trouver les financements. Nous nous chargeons de la communication, d’une partie du budget consacré à l’attaché de presse et nous reversons 70% de la recette à la compagnie. Puisque les temps sont durs et que le Théâtre 13 connaît un léger déficit, cela sera peut-être 65% dans l’avenir, mais pour l’instant, on se tient aux 70% ! Au 13/Jardin, le spectacle d’Alexis Michalik a engrangé 100 000 euros de recettes dont 70% sont allés dans les caisses de la compagnie. L’avantage qu’ils ont en montant leur production dans une structure publique comme la nôtre, c’est qu’ils peuvent solliciter l’ADAMI, la SACD, les mairies, etc…

En septembre prochain, vous serez directrice du Théâtre 13 depuis 18 ans, quels sont vos projets pour la suite ?

 Je garderai la ligne du théâtre de troupe, de textes qu’on a accueillis jusque-là. Je reste très attachée à la langue.

Propos recueillis par Hadrien VOLLE – www.sceneweb.fr

Retrouvez l’ensemble du programme du week-end portes ouvertes sur le site du Théâtre 13

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