Yann Frisch: une vie de clown

photo Sylvain Frappat

photo Sylvain Frappat

Entre one man show dépressif et nouvelle magie Le syndrome de Cassandre voit Yann Frisch dans tous ses états. Il invente une nouvelle forme de clown entre mélancolie et burlesque.

Il n’aura fallu que cinq minutes à Yann Frisch pour renverser la salle Tardieu sise au Rond-Point en imitant les rires et gloussements des spectateurs ou mettre sa main au feu littéralement. Heureusement il va rater son immolation et c’est tant mieux. Le gus aux faux airs de Vincent Macaigne, passé par l’école de cirque du Lido à Toulouse, champion de France et d’Europe de magie a depuis fait des rencontres importantes comme celle de Raphaël Navarro qui co-signe ce spectacle ou le musicien Ihrahim Maalouf.

Autant dire que ce premier opus en solo est riche de ces compagnonnages. Frisch invente avec Le syndrome de Cassandre un rôle sur-mesure de clown dépressif -jusqu’ici tout va bien…- qui manie un humour subversif. Si le passage sur sa vieille mère (une poupée) traîne un peu en longueur, ses brèves de comptoir avec pour seuls accessoires un pichet et un gobelet sont un sommet d’humour noir. Surtout et sans crier gare Yann Frisch s’amuse à manipuler ou à se faire manipuler par son audience la questionnant sur ce qu’elle voudrait voir. Un numéro de haute voltige où l’improvisation a enfin la part belle.

On imagine que chaque soir est différent en fonction des propositions de la salle : ce 17 mars on a eu droit à l’habituel « A poil » -Frisch s’exécute et livre une incroyable séquence- ou au plus poétique « Disparaît ». Il y aura encore une guitare, des fleurs et j’en passe. On l’aura compris ce syndrome est casse-gueule avec sa part de burlesque qui emprunte à Buster Keaton ou à la Zézette du Père Noël est une ordure. Le rire ici est souvent teinté de mélancolie. Yann Frisch déploie alors son corps, le plie également à toutes les cascades et finit par emporter le morceau. Il ne lui reste plus qu’à prendre congé de nous -ou nous de lui. Et cela est encore une autre histoire. A vous de l’écrire.

Philippe Noisette – www.sceneweb.fr

Le syndrome de Cassandre
Ecriture, Interprétation, Conception magie : Yann Frisch Ecriture, Conception Magie : Raphaël Navarro Regard extérieur clown : Johan Lescop Dramaturge, présidente de l’association : Valentine Losseau Création lumière : Elsa Revol Régie lumière et régie générale : Yannick Briand Création Sonore : (en cours) Régie Plateau : Laurent Beucher, Louise Bouchicot Construction : Bernard Painchault Scénographie, costumes : Claire Jouët – Pastré Construction marionette : Johanna Elhert

Dans le cadre du festival Paris l’été
Au Monfort
du 20 au 29 juillet à 20h30
(relâches les 23, 24)

2 réponses

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] Par Philippe Noisette dans Sceneweb : Entre one man show dépressif et nouvelle magie Le syndrome de Cassandre voit Yann Frisch dans tous ses états. Il invente une nouvelle forme de clown entre mélancolie et burlesque.Il n’aura fallu que cinq minutes à Yann Frisch pour renverser la salle Tardieu sise au Rond-Point en imitant les rires et gloussements des spectateurs ou mettre sa main au feu littéralement. Heureusement il va rater son immolation et c’est tant mieux. Le gus aux faux airs de Vincent Macaigne, passé par l’école de cirque du Lido à Toulouse, champion de France et d’Europe de magie a depuis fait des rencontres importantes comme celle de Raphaël Navarro qui co-signe ce spectacle ou le musicien Ihrahim Maalouf.Autant dire que ce premier opus en solo est riche de ces compagnonnages. Frisch invente avec Le syndrome de Cassandre un rôle sur-mesure de clown dépressif -jusqu’ici tout va bien…- qui manie un humour subversif. Si le passage sur sa vieille mère (une poupée) traîne un peu en longueur, ses brèves de comptoir avec pour seuls accessoires un pichet et un gobelet sont un sommet d’humour noir. Surtout et sans crier gare Yann Frisch s’amuse à manipuler ou à se faire manipuler par son audience la questionnant sur ce qu’elle voudrait voir. Un numéro de haute voltige où l’improvisation a enfin la part belle.On imagine que chaque soir est différent en fonction des propositions de la salle : ce 17 mars on a eu droit à l’habituel « A poil » -Frisch s’exécute et livre une incroyable séquence- ou au plus poétique « Disparaît ». Il y aura encore une guitare, des fleurs et j’en passe. On l’aura compris ce syndrome est casse-gueule avec sa part de burlesque qui emprunte à Buster Keaton ou à la Zézette du Père Noël est une ordure. Le rire ici est souvent teinté de mélancolie. Yann Frisch déploie alors son corps, le plie également à toutes les cascades et finit par emporter le morceau. Il ne lui reste plus qu’à prendre congé de nous -ou nous de lui. Et cela est encore une autre histoire. A vous de l’écrire.  […]

  2. […] Le syndrome de Cassandre avec Yann Frisch  […]

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *