On vous dévoile les premiers noms du Festival d’Avignon 2018

Cour d’honneur Palais des Papes Avignon photo Christophe Raynaud de Lage

Le Festival d’Avignon 2018 va explorer les questions du genre, de la trans-identité, et de la transsexualité. Voici les premiers noms de la programmation de la 72ème édition. Cette année le Festival d’Avignon et le Off vont débuter le même jour le vendredi 6 juillet 2018. Un Festival d’Avignon raccourci de deux jours cet été (19 jours au lieu de 21 en 2017), il s’achèvera le mardi 24 juillet. Le Off fermera de son côté le dimanche 29 juillet.

Dans la Cour d’honneur,  Thomas Jolly présentera son nouveau spectacle d’après les pièces de Sénèque. Puis le chorégraphe israélien Emanuel Gat présentera Story Water. Ce spectacle mêlera sa compagnie et l’Ensemble Modern de Francfort autour de trois partitions (Dérive 2 de Pierre Boulez, Fury II de Rebecca Saunders et FolkDance spécialement créée pour ce programme par Emanuel Gat).

On connait le goût de Julien Gosselin pour la littérature et les spectacles au long cours. Après Les particules élémentaires d’après Michel Houellebecq et 2666 d’après Bolaño, le metteur en scène s’attaquera lui à l’œuvre de Don DeLillo. Le spectacle sera ensuite présenté à l’Odéon-Théâtre de l’Europe dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

François Chaignaud photo Nino Laisné

Le chorégraphe et danseur François Chaignaud présentera Romances inciertos dans une mise en scène de Nino Laisné. Romances inciertos est un estuaire, un delta. Une zone difficilement situable sur les cartes, à la confluence de musiques espagnoles de tradition à la fois orale et “savante”, qui inspirent des danses, des poèmes et de mini épopées dont les héroïnes jouent des rôles qui ne sont pas les leurs.

L’histoire de ces personnages, pris dans un mouvement perpétuel de métamorphose, d’ambiguïté, d’imposture entêtée, et d’indécision embrasée se reflète dans le destin même des mélodies qui leur sont attribuées. Romances Inciertos met en scène ces deux trajectoires : la renaissance des personnages qui n’ont d’autre choix que de transformer le réel à la mesure de leur désir – et l’infinie mutation de motifs musicaux à travers les siècles. L’identité incertaine de ces figures se réfléchit dans le métissage musical.

Plus de trente ans après sa première venue au Festival d’Avignon aux côtés de Pina Bausch, Raimund Hoghe propose pour la 72e édition de recréer 36, avenue Georges Mandel et de l’adosser à sa nouvelle pièce Canzone per Ornella. Son invitation au public à reprendre le fil de rendez-vous précieux et intimes est à l’image de sa composition emplie de sobriété mais aussi de chants libérateurs.

A travers deux figures féminines qui le touchent particulièrement, Raimund Hoghe choisit de s’exposer aux feux de la mythique voix de Maria Callas et de rendre hommage à Ornella Balestra, danseuse et compagne de plateau. À partir de quelques vêtements, objets, images, de simples déplacements et de gestes délicats, il assemble un travail de réduction et de ritualisation qui ouvre aux rêves.

 

 

Avec Iphigénie, Chloé Dabert poursuit son travail sur le rythme des écritures et choisit de faire entendre l’alexandrin de Racine. L’action ne se passe pas dans le secret d’un palais, mais à l’extérieur : près de la mer, sur une plage, dans un camp militaire où son siège laisse les hommes en proie à l’épuisement, la frustration, la colère et la faiblesse. Autant de conditions qui donnent libre cours à un oracle cruel, porté par le fanatisme de quelques-uns. Une brèche inévitable créée par l’attente infinie et insupportable. Et c’est sur Agamemnon que porte la première expérience. Va-t-il ou non se plier aux Dieux ? Va-t-il sacrifier sa fille pour que le vent se lève et se lancer enfin en guerre ? Le choix, la lâcheté, la détermination et le regard que nous portons sur les autres sont au coeur de cette immense pièce. Issue du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, Chloé Dabert joue notamment sous la direction de Joël Jouanneau, Jeanne Champagne et Madeleine Louarn. Elle travaille régulièrement à partir d’écritures contemporaines telles que celles de Christophe Honoré, Roland Dubillard et Dennis Kelly. En 2012, elle fonde avec Sébastien Eveno la compagnie Héros-limite, installée en Bretagne. Avec Orphelins en 2014, elle est lauréate du festival de théâtre émergent Impatience, puis débute un compagnonnage en tant qu’artiste associée avec le Centquatre-Paris (2015), le Quai à Angers (2016) et est en résidence à l’Espace 1789 de Saint-Ouen (2017). En janvier 2018, elle mettra en scène à la Comédie-Française J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce avant d’être accueillie pour la première fois au Festival d’Avignon.

photo Ansel Adams

Le metteur en scène, Richard Brunel, directeur de la Comédie de Valence présentera sa dernière création, Certaines n’avaient jamais vu la mer, une adaptation du roman de Julie Otsuka. Le spectacle sera créé en amont lors du Festival Ambivalences fin mai.

En 1919, un bateau quitte le Japon à destination de San Francisco. À son bord, des dizaines de jeunes femmes promises à des maris dont elles ne connaissent qu’une photographie. Citadines ou paysannes, certaines viennent des montagnes et n’ont jamais vu la mer. Jeunes filles à peine sorties de l’enfance ou veuves, certaines laissent derrière elles de lourds secrets. Toutes aspirent à une vie meilleure. Mais pour beaucoup, elle commencera par une trahison. Car l’homme qui attend à la descente du bateau n’est pas celui qu’elles attendaient.

De 1908 à 1921, des milliers de jeunes Japonaises ont ainsi traversé l’océan Pacifique. Leurs destins poignants nous parlent d’une seule grande voix chorale. Envoûtante comme une lame de fond qui viendrait soulever malgré elle la mémoire de l’Amérique. Richard Brunel a persuadé la romancière américaine Julie Otsuka que ce superbe roman, couronné de nombreux prix dans le monde, serait une formidable matière théâtrale. Il le portera à la scène avec un chœur de dix actrices.

Après La vie est belle ou attendant mon oncle d’Amérique en 2000 et The Last Supper présenté au Festival d’Avignon en 2015, le metteur en scène Ahmed El Attar va poursuivre son observation de la famille égyptienne et de ses liens complexes aux structures de pouvoir. Dans Mama, si la mère est la figure centrale, c’est plus largement les dynamiques d’autorité, de concurrence et de domination qui y font rage. S’accordant sur l’oppression des femmes dans la société arabe, le metteur en scène nous propose néanmoins de décaler notre regard et de voir les rapports faussés, contradictoires et parfois malsains que ces dernières entretiennent avec leurs pères et leurs fils. Leur bataille constante pour contrôler la progéniture mâle devient vengeance inconsciente vis-à-vis de la société patriarcale, et terreau des mêmes monstres oppresseurs. Père, fils et petits-enfants ne sont alors que les figurants d’un drame où la violence insidieuse du matriarcat domestique fait surface.

1 réponse
  1. Damien
    Damien dit :

    Et au théâtre du balcon, Bérénice de Racine avec dans le rôle de Bérénice, une merveilleuse comédienne transgenre. Un bon moment en perspective avec une mise en scène de Frédéric Fage.

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