Les CDN de l’Est de la France fêtent 70 ans de décentralisation à Colmar

La Comédie De l’Est, CDN de Colmar, à l’initiative de son directeur Guy Pierre Couleau propose un festival du 28 au 30 septembre 2017 pour célébrer les 70 ans de la décentralisation, en compagnie des 4 autres centres dramatiques de la région Grand Est (La Comédie de Reims, le NEST de Thionville, le TJP de Strasbourg et la Manufacture à Nancy), ainsi que du Théâtre National de Strasbourg et le Théâtre du Peuple de Bussang.

Je consacre toujours du temps à essayer de répondre clairement, parce que je suis certain que, loin d’être anodine, cette question est très importante pour nos métiers. La Comédie De l’Est a acquis son statut de centre dramatique national, soixante-six ans après que fût installé à Colmar le premier centre dramatique de l’Est. On a pu parfois remettre en question ce qui devrait être communément admis comme un des plus ambitieux et des plus généreux projets de notre société : démocratiser le théâtre et le rendre accessible au plus grand nombre d’entre nos concitoyens.

Le théâtre est notre miroir, le reflet de ce que nous sommes et de ce que nous faisons du monde dans lequel nous naissons et vivons. Sans le théâtre, difficile de croire que nous pouvons nous représenter qui nous sommes vraiment. C’est un art noble, simple d’accès, indispensable, qui ne se pratique que dans le partage et par le don. Ayant fait une grande partie de ma carrière d’acteur puis de metteur en scène au sein des centres dramatiques, j’en suis aujourd’hui devenu directeur et l’exercice de cette fonction me permet de comprendre mieux le projet si ambitieux de la décentralisation théâtrale.

Un centre dramatique national est un théâtre dont l’activité est centrée sur la création de spectacles. Un théâtre d’art populaire, ni moralisateur, ni stigmatisant, mais qui, au contraire, pose des questions et livre des pistes de réflexion sur de grands thèmes humains, grâce à la poésie dramatique et par le génie des auteurs. Créer des spectacles chaque année demande d’inviter des artistes dans nos murs, ce qui revient à accepter l’autre et sa singularité, respecter ce qu’il nous apporte de différent, d’inconnu, d’insoupçonné. C’est pour nous la possibilité de s’enrichir d’un univers nouveau et d’accroître notre capacité personnelle à vivre mieux les bouleversements et l’évolution du monde. Vivre en découvrant est aussi vivre en se construisant. C’est l’autre qui me construit et c’est une des raisons pour lesquelles je fais du théâtre. En cette période très difficile, nous voulons être un théâtre démocratique ouvert au plus grand nombre. Nous voulons contribuer à construire le sens de nos vies et travailler au bien commun. Nous voulons être au coeur de la société.

C’est pour cela que, loin d’être une citadelle réservée à une élite, notre théâtre travaille chaque jour avec les institutions culturelles, les écoles, les centres médicaux, les musées, les bibliothèques, les entreprises privées, les prisons, les associations … Transmettre, donner à penser, contribuer à créer une plus grande richesse de la pensée, offrir aux autres un regard ouvert sur le monde et ce qui nous environne, tels sont nos objectifs au quotidien, telles sont nos ambitions et nous nous sentons responsables de cette mission qui nous est confiée par nos tutelles pour le bien du public : démocratiser et partager l’art du théâtre. C’est ce que nous faisons chaque jour. Notre travail s’appelle « faire du théâtre ».

Il n’y a « rien de plus futile, de plus faux, de plus vain, rien de plus nécessaire que le théâtre » disait Louis Jouvet. Nous reprenons cette phrase à notre compte en ces temps de doute et de perdition pour beaucoup d’autres autour de nous. Oui, le théâtre est nécessaire à notre temps, à nos semblables et nous le vérifions chaque jour. Certes, le théâtre est construit d’illusions, de vanités et de magies. C’est ce qui en fait sans doute sa beauté et sa nécessité : sans magie, point de rêves, sans vanité, nulle profondeur, sans fausseté, pas de vérité.
Et la vie, notre vie a aujourd’hui grand besoin de vérité. »
Guy Pierre Couleau

Tamara
Comédie de l’Est – CDN de Colmar
Texte et mise en scène : Guy Pierre Couleau
Avec Anne Le Guernec et Kuno Schlegelmilch
« À l’invitation du musée Unterlinden, et autour de l’exposition ‹ Otto Dix – le Retable d’Issenheim ›,
j’ai imaginé une performance pour une actrice et un artiste plasticien. À partir des ‹ Leçons de peinture › écrites par Otto Dix en 1958, je me suis échappé vers l’art des acteurs et leur capacité à se métamorphoser. Inspiré par le portrait de la danseuse Tamara Danischewski et la leçon de peinture n° 20 d’Otto Dix, j’ai ainsi composé une
fantaisie sur l’actrice et son rôle, le peintre et son modèle, l’artiste et le personnage. » – Guy Pierre Couleau
Foyer du Théâtre Municipal de Colmar
Je 28.09 à 12h30
Ve 29.09 à 12h30

Cancrelat
Comédie de l’Est – CDN de Colmar
De Sam Holcroft – mise en scène : Vincent Goethals
Avec Léna Dia, Marlène Le Goff, Ruby Minard, Juliette Steiner, José-Maria Mantilla et Logan Person
Ce spectacle a été créé lors de la première édition d’« Acteurs Studio », un tremplin inédit pour jeunes
comédiens. Dans la salle de classe de Beth, les élèves crient, se battent, cassent fenêtres et portes… Mais Beth, professeur de sciences naturelles, est convaincue que c’est par le savoir que ses élèves réussiront dans la vie.
Cependant, dehors, la guerre fait rage…
Studio Delphine Seyrig – C D E
Jeudi 28.09 à 14h15
Vendredi 29.09 à 10h et à 19h

La vie des formes
TJP – CDN de Strasbourg
Conception et interprétation : Renaud Herbin et Célia Houdart
Que provoquent les rencontres ? Celle de Célia Houdart et Renaud Herbin les plongent au coeur de ce qui les trouble: la façon dont naissent les figures et les personnages des fictions qu’ils inventent. Chacun à leur manière – écrivain et marionnettiste –, ils les façonnent dans la matière. Entre ce qui est donné à voir de cette relation et les textes que Célia Houdart fait entendre, s’invente un monde inédit où les évocations se répondent. Une relation à trois s’instaure.
Studio Delphine Seyrig – C D E
Je 28.09. à 19h

Ma langue pèle
NEST, CDN de Thionville
Conception : Jean Boillot avec Isabelle Ronayette et David Jisse
Création sonore : David Jisse
Assis devant un ordinateur et des consoles, un DJ. Debout devant un pupitre,
une actrice. Elle est équipée d’une oreillette. Le DJ mixe des sons qu’on
entend, et envoie dans l’oreillette de l’actrice des extraits d’enregistrements
de discours de trois ministres de la Culture. L’actrice les redit immédiatement,
en imitant textes et intonations : totem-amplificateur d’un nouveau genre.
Entre sons et voix, pendant 30 minutes, un dialogue s’établit.
Salle Michel Saint-Denis – C D E
Je 28.09. à 20h30

Histoire de la littérature récente
Comédie de Reims
D’Olivier Cadiot
Mise en voix : Ludovic Lagarde
Avec Laurent Poitrenaux
Les écrivains sont de beaux allumeurs. Ils passent leur temps à essayer, non de mettre la main sur la littérature, qui ne se laisse pas prendre, mais de mettre le feu aux mots et à ceux qui les aiment : ils leur tournent autour. Olivier Cadiot est de ces enjôleurs magnifiques. Cette lecture au titre paisible et ironiquement rassurant se présente comme une sorte de guide pratique pour aspirant littérateur, avec conseils avisés et exercices cadrés.
Salle Michel Saint-Denis – C D E
Je 28.09. à 21h

Don Juan revient de guerre
Comédie de l’Est – CDN de Colmar
D’Ödön Von Horváth
Mise en scène : Guy Pierre Couleau
Avec Carolina Pecheny, Jessica Vedel, Nils Öhlund
Don Juan a perdu de sa superbe. Au sortir de l’horreur de la guerre de 1914 – 1918, l’homme est fatigué. Il va son chemin dans une Allemagne aux prises avec la crise, à la recherche de la fiancée qu’il a jadis abandonnée. Cette pièce exceptionnelle met en scène trente-cinq femmes pour un seul homme. Et c’est le destin de ces femmes que nous conte l’auteur, sans concessions, en témoin critique et chroniqueur fidèle de l’actualité qu’il avécue.
Salle Michel Saint-Denis – C D E
Ve 29.09. à 14h15 et 21h

La Nuit juste avant les forêts
La Manufacture, CDN de Nancy
De Bernard-Marie Koltès
Lu par Michel Didym
« La Nuit juste avant les forêts » ce sont soixante-trois pages de phrases liées l’une à l’autre pour que l’on n’ait pas le temps de respirer, soixante-trois pages pour dire la dérive, la colère, la dignité de celui qui vit « à côté », à côté d’une maison, d’un travail, d’une famille. Un solo du désespoir qui est aussi une leçon de vie.
Salle Michel Saint-Denis – C D E
Ve 29.09. à 20h30

Ce que la vie signifie pour moi
TNS
De Jack London
Lu par Stanislas Nordey
Cette brève « autobiographie », parue en 1906, est l’un des textes politiques de Jack London les plus marquants. Dans ce récit personnel, il retrace le chemin qui le mena à devenir socialiste. Crieur de
journaux, pilleur d’huîtres, ouvrier dans une conserverie, employé d’une teinturerie, électricien, vagabond… Il nous livre ici les voies qui firent de lui un auteur engagé.
Salle Michel Saint-Denis – C D E
Sa 30.09. à 18h30
La

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