Libertinage de Noël à l’Opéra Comique !

Philippe Talbot (Comte Ory), Julie Fuchs (la Comtesse), Gaëlle Arquez (Isolier) photo Vincent Pontet

Une bonne bouffée de rire à l’Opéra-Comique pour finir l’année avec Le Comte Ory, avant dernier opéra de Rossini. Le duo Julie Fuchs – Philippe Talbot ne se ménage dans la mise en scène remuante de Denis Podalydès.

Ce Comte Ory est l’un des plus gros succès de l’histoire de l’Opéra. Il a tenu l’affiche de l’Opéra de Paris pendant 56 ans sans interruption dès sa création en 1828. Un record de longévité à faire pâlir tous les directeurs de théâtres ! Et l’on comprend aisément pourquoi, tant le livret d’Eugène Scribe est truculent. C’est l’histoire cocasse d’un comte libertin (Philippe Talbot) dans la France du Moyen-Age prêt à tout pour séduire une comtesse (Julie Fuchs), y compris se déguiser en nonne.

Ce récit écrit en langue française est en grande partie un recyclage de la partition du Voyage à Reims avec lequel Rossini a connu moins de succès. Le chef Louis Langrée s’en donne à cœur joie en dirigeant l’Orchestre des Champs-Élysées avec pugnacité.

Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance, car le début du spectacle a un peu de mal à se mettre en place, c’est peut-être la conséquence de la scénographie un peu trop chargée d’Eric Ruf qui a rassemblé dans le premier acte au centre du plateau tout ce que l’on peut trouver comme mobilier dans une église, pour en faire une sorte de mausolée au sommet duquel le Comte Ory- grimé en moine – découvre que la Comtesse et son page Isolier sont épris l’un de l’autre. La mezzo-soprano Gaëlle Arquez est incroyable dans ce rôle masculin.

Le spectacle est porté par un duo qui se jette avec une grande liberté dans cette farce et qui n’a peur de rien. Le ténor Philippe Talbot ne cesse de se travestir, son maquillage coule et ses perruques se défrisent peu à peu tandis que la soprano Julie Fuchs n’hésite pas à ramper au sol, quitte à salir les costumes de Christian Lacroix. L’opéra s’achève dans le lit de la Comtesse, dans une scène burlesque de ménage à trois totalement hilarante, sur une pierre tombale dans une cathédrale. Denis Podalydès ose le blasphème en cette période de Noël, que c’est bon !

Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

Opéra en deux actes. Livret d’Eugène Scribe. Créé à l’Opéra de Paris en 1828.
Direction musicale Louis Langrée

Mise en scène Denis Podalydès

Décors Eric Ruf

Costumes Christian Lacroix

Lumières Stéphanie Daniel

Collaboration aux mouvements Cécile Bon

Assistant direction musicale Nicolas Kruger

Assistants mise en scène Laurent Delvert, Laurent Podalydès

Assistante décors Dominique Schmitt

Chef de chant Bertrand Halary

Chef de chœur Joël Suhubiette

Le Comte Ory Philippe Talbot

La Comtesse Julie Fuchs

Isolier Gaëlle Arquez

Dame Ragonde Éve-Maud Hubeaux

Le Gouverneur Patrick Bolleire

Raimbaud Jean-Sébastien Bou

Alice Jodie Devos

Comédiens Laurent Podalydès, Léo Reynaud

Chœur les éléments

Orchestre Orchestre des Champs-Elysées

Nouvelle production Opéra Comique

Coproduction Opéra Royal de Wallonie, Opéra Royal – Château de Versailles Spectacles

Durée: 2h45 avec entracte

Opéra Comique
Salle Favart
du 19 au 31 Décembre 2017

Opéra Royal de Versailles
Du 12 au 14 janvier 2018

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