Mourad Merzouki : « Le hip-hop est partout, c’est ce qui fait sa force »

photo Michel Cavalca

La 5ème édition du Festival Kalypso organisé par le CCN de Créteil et son directeur et metteur scène Mourad Merzouki se déroule jusqu’au 22 décembre dans 18 lieux d’Île-de-France. Il montre toute la richesse de la danse hip-hop. Qu’elle soit présentée sur scène ou dans la rue, sous la forme de spectacles, de battles, de brunchs ou de bals par des chorégraphes de renom ou de jeunes compagnies émergentes, françaises ou internationales, la danse hip-hop va continuer à vous surprendre.

Depuis l’année dernière vous avez rapproché les festivals Karavel qui se déroule dans l’agglomération de Lyon et Kalypso qui se déroule en Île-de-France, cela permet aux œuvres et aux artistes de mieux circuler. Et au public de voyager encore un peu plus. Pourquoi le hip-hop invite-t-il autant au voyage ?

Parce que les chorégraphes puisent dans leurs racines et parce qu’ils voyagent aussi beaucoup et qu’ils croisent beaucoup d’artistes du reste du monde. Et la première soirée de Kalypso est internationale avec des compagnies que je rencontre à travers mes tournées. On ouvre donc avec la Colombie et le Brésil.

Vous avez retravaillé une pièce de votre répertoire avec ces colombiens, il s’agit de Récital.

Je l’ai créée il y a 19 ans ! C’est une pièce qui a beaucoup tourné et j’aime la partager avec de jeunes danseurs que je rencontre dans mes voyages, à la fois pour partager ma sensibilité artistique et pour proposer aux danseurs hip-hop de monter sur scène et dépasser l’aspect démonstratif de cette danse. C’est une manière de former les danseurs de rue à la scène. J’ai eu un énorme plaisir de travailler avec ces danseurs colombiens talentueux par leur technique mais qui ne sont pas dans l’écriture. Je souhaitais partager ce spectacle avec une autre énergie, celle de la Colombie.

Qui sont ces danseurs, comment les avez-vous rencontrés ?

Je les ai auditionnés à Cali, à Bogota et à Medellín. Ce sont des projets dans lesquels je me retrouve car j’aime partager mon approche au hip-hop avec le reste du monde. Ce sont des projets qui nous font grandir. On a l’avantage d’être dans un secteur universel. Il n’y a pas de barrière dans la danse.

Est-ce que le hip-hop est populaire en Colombie ?

Il est populaire en Colombie, comme partout dans le monde. Après il y a une singularité en France. C’est l’un des rares pays qui a su l’accompagner sur la scène. Aujourd’hui on montre au monde entier que le hip-hop a évolué de la rue à la scène pour toucher tous les publics, pas simplement les jeunes ou les quartiers. Le hip-hop est partout, c’est ce qui fait sa force. 40 ans après sa création on continue de s’intéresser à cette danse parce qu’elle a su être de partout et prendre des risques. A l’époque on nous disait que c’était un effet de mode et que cela n’allait pas durer. Mais 40 ans après, elle continue à nous surprendre.

Est-ce que le hip-hop permet d’aller plus loin que d’autres styles chorégraphiques ? Avez-vous le sentiment d’avoir plus de libertés ?

L’histoire du hip-hop fait qu’aujourd’hui on ose tout. On a cet avantage d’être dans une culture qui se construit de jour en jour et qui n’a pas de limite. Elle possède la liberté de la rue. On a envie d’aller vers l’autre et de surprendre. Cette énergie nous permet d’être davantage créatif et de n’avoir aucune limite.

Propos recueillis par Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

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