Al-Atlal : Norah Krief se réconcilie avec l’exil

photo – Jean-Louis Fernandez

Norah Krief vient de construire un spectacle ayant été bâti sur la chanson « Al-Atlal » (Les Ruines) d’Oum Kalsoum. Une création chantée et parlée, où Krief s’adresse à sa mère et, finalement, à l’exil pouvant être vécu indirectement par tous les enfants d’immigrés. Créé au festival « Passage » de Metz, puis une étape à « Ambivalence(s) » la semaine passée, le spectacle sera en tournée en France dès la prochaine saison.

Avant même que Norah Krief n’entre en scène, les premières notes d’« Al-Atlal » se font entendre. Le spectacle entier durera moins longtemps que la chanson d’Oum Kalsoum, mais il n’y a pas une seconde où l’âme de la diva égyptienne sera absente, en musique ou en mots. Car ce sont des mots que Norah Krief adresse sous forme de « lettre à [sa] mère ». Elle dépeint ce qu’elle qualifie de « nostalgie heureuse » d’une époque pourtant difficile pour sa famille. Fille d’immigrés tunisiens, l’intégration a été une expérience houleuse et constellée de rejets. Pourtant, par « Al-Atlal », Norah Krief parvient à apprivoiser sa culture rejetée.

Sa culture car cette chanson, qu’elle a redécouverte en travaillant avec Krzysztof Warlikowski et Wajdi Mouawad était celle qu’écoutait sa mère dans la grande maison de banlieue un peu défraîchie de son enfance. Une culture qu’elle retranscrit en mots et en musique, comme une adresse à tous les déracinés et leurs descendants. « Al-Atlal » devient appel à la compassion pour tous ceux dont les racines sont en ruine, appel à la dignité, à la compréhension de l’autre et à la modestie de sentiments.

L’importance des mots et des émotions est soulignée par la simplicité de la mise en scène qui tient à première vue du concert. Quelques images le magnifient, lui donnent une touche magique, mais les déplacements sont rares et tout le travail est concentré sur les sentiments vécus par Norah Krief. Un personnage central qui parvient, sans efforts et avant même de donner la parole à son entourage en fin de spectacle, à se rendre universel.

Hadrien VOLLE – www.sceneweb.fr

Al Atlal
Un projet de Norah Krief accompagnée par Frédéric Fresson
D’après le poème d’Ibrahim Nagi chanté par Oum Kalsoum
Traduction – adaptation Khaled Osman
Avec Norah Krief, Lucien Zerrad, Frédéric Fresson ou Antonin Fresson, Yousef Zayed ou Mohanad Aljaramani
Création vidéo Jérémie Scheidler
Création son Olivier Gascoin
Création lumière Jean-Jacques Baudoin
Coach chant oriental Dorsaf Hamdani, Myriam Djemour
Scénographie et costumes Magali Murbach
Regard extérieur Éric Lacascade
Collaboration artistique Charlotte Farcet
Régie générale Joël Lhopitalier
Remerciements à Wajdi Mouawad, Christine Angot, Marie Descourtieux, directrice des actions culturelles de l’Institut du Monde Arabe
Mentions de production
Production Compagnie Les Sonnets ; La Comédie de Valence, centre dramatique national Drôme-Ardèche
Coproduction Comédie de Béthune
Avec le soutien de La Colline, théâtre national et de l’Institut Français Royaume-Uni

Durée  : 1h

07 mai 2017 – Festival Passages, Metz
Festival Ambivalences
JEU. 01 & VEN 02 JUIN 2017, 21h

Puis Tournée :

04 juil. 2017 – Shubbak Festival, Londres
02 & 03 oct. 2017 – La Comédie de Valence
06 > 23 déc. 2017 – TNP, Villeurbanne
18 > 21 janv. 2018 – La Comédie de
Clermont-Ferrand, scène nationale
13 avril 2018 – Théâtre Sorano, Toulouse
04 > 06 avr. 2018 – Comédie de Béthune

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