A Marseille José Vidal met Le Sacre du printemps en pièces

© Fabian Cambero

Le chorégraphe chilien signe avec Rito de Primavera une ouverture festive du Festival de Marseille à la Friche Belle de Mai.

José Vidal raconte qu’enfant sa mère l’envoyait faire une sieste sur la musique d’Igor Stravinsky : Le Sacre du printemps. On ne sait si il faisait des rêves ou des…cauchemars. Mais une chose est sûre il a gardé en mémoire ces instants où le songe devient danse. Aujourd’hui il ose sa propre version du Sacre “sans préjudice et en toute modestie“. Elle a fait un carton il y a peu à Amsterdam puis ce week-end au Festival de Marseille.

Dans cette célébration d’une certaine liberté le public joue son rôle aussi : d’abord en pénétrant dans La Cartonnerie, une des salles de La Friche de la Belle de Mai, en file indienne dans une semi-obscurité. Puis plus tard en se mélangeant avec les quarante interprètes pour une rave des villes improvisée sur une bande-son électro. Et Stravinsky dans toute cela ? On aura bien reconnu ici où là des passages mais à la moulinettes du duo Jim Hast et Andrés Abarzua. C’est du côté de la gestuelle que les influences sont plus manifestes quoique pas toujours volontaires. Pina Bausch tout d’abord dans ces courses au plus près des rangs du public ou même Maurice Béjart dans ces portés, l’élue ( parfois un élu) soulevée comme un trophée.

José Vidal a voulu travailler également les voix, le souffle : les interprètes, dont la plupart des environs, d’autres chiliens, tissent un environnement sonore à perdre haleine. On se croirait dans un cours de méditation new age. Ce n’est pas le meilleur de Rito de Primavera. On préfère ces rondes ou cette ouverture dans une belle pénombre, les corps nus seulement soulignés de peintures phosphorescentes. On se croirait dans une forêt de gestes. La tribu mise en scène par Vidal se renifle, se porte, se caresse : la sensualité de ce Sacre tranche avec l’habituelle représentation du sacrifice même si une autre violence, plus sourde, peut affleurer. Et lorsque les danseurs tendent la main vers l’audience chacun se lève pour un instant de partage. Il ne manque plus que la mousse pour transformer la Friche marseillaise en petit Ibiza. Jan Goossens ne pouvait songer à meilleure façon de lancer son festival dans le grand bain de l’été. Et même si Rito de Primavera souffre parfois d’une dramaturgie peu affirmée on s’est laissé porter par ces flots de musique et de mouvements. Alors on danse ?

Philippe Noisette – www.sceneweb.fr

PRIMAVERA
José Vidal
Santiago du Chili l Création 2014
COMPAGNIE José Vidal & Companía
CHORÉGRAPHIE ET DIRECTION ARTISTIQUE José Vidal
ASSISTANTS À LA CHORÉGRAPHIE POUR LES ATELIERS Damian Ketterer, Natalia Bakulic, Andrés Escobar, Darío Oyarzún, Victor Silva, Silvia Vivanco Musique Jim Hast, Andrés Abarzúa
CRÉATION LUMIÈRE Julio Escobar, Antonia Peon-Veiga Son Carlos Barros
PRODUCTION EXÉCUTIVE Francisca Las Heras
PRODUCTION Catalina Avaria
ASSISTANT DE PRODUCTION Victor Silva
TRAVAIL DE LA VOIX ET RÉGIE PLATEAU Silvia Vivanco
INTERPRÈTES CHILIENS Andrés Escobar, Artemisa Cifuentes, Benjamín Marchant, Bernardita Villaroel, Carlos Palacios, Carlos Sanchez, Catalina Avaria, Cesar Avendaño, Damian Ketterer, Darío Oyarzún, Francisca Concha, Francisco Martínez, Jaime Muñoz, Javier Escuti, Jesús Briceño, Luis Felipe Castillo, Mayo Rodríguez, Natalia Bakulic, Paula
Hoffman, Pía Uribe, Simón Pascal, Tomás Riveros, Víctor Silva
INTERPRÈTES MARSEILLAIS DANS LA DISTRIBUTION
Spectacle présenté en partenariat avec le Holland Festival

Festival de Marseille 2017
FRICHE LA BELLE DE MAI
Cartonnerie
JEUDI 15 JUIN
20:30
VENDREDI 16 JUIN
20:30
SAMEDI 17 JUIN
23:00

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *