Marina Hands : « Rambert, c’est du vrai bonheur ! »

Marina Hands dans Actrice photo Jean-Louis Fernandez

Elle incarne Eugenia dans Actrice, la dernière pièce de Pascal Rambert sur les dernières heures d’une grande actrice malade, entourée de sa famille. La comédienne, trop rare au théâtre irradie ce spectacle choral interprété une troupe une 15 comédiens, créé aux Bouffes du Nord et qui part ensuite en tournée.

Cette pièce est-elle une déclaration d’amour aux actrices ?

Oui Pascal Rambert le dit. Il aime faire incarner le courage par des femmes. Il écrit les rôles comme cela, dans des situations incroyables de difficultés pour montrer leur force et leur lumière. Quand on est prise dans la vague Rambert c’est un vrai bonheur.

Qui est cette actrice ?

C’est une femme comme les autres. Elle le dit. Ce n’est pas une fantasmagorie une actrice. C’est une femme qui fait un travail, qui est de jouer et de raconter des histoires. Elle est proche des gens, elle reste une mère et une sœur. Du coup cela rapproche l’actrice de son public.

Il y a souvent des scènes de combats dans l’écriture de Pascal Rambert, c’est le cas également dans Actrice.

Oui il y a des souvent affrontements sur fond de deuil. Dans Clôture de l’Amour, c’était le deuil de la rupture d’un amour, ici c’est le deuil de cette actrice. Il y a une urgence de se dire les choses, de se toucher et de partager du vivant. C’est une pièce qui parle de la vie qui s’arrête, mais c’est encore plus vivant que d’autres rôles que j’ai eu à interpréter et qui pourtant ne parlaient pas de la mort.

L’actrice est entourée de fleurs, un peu comme déjà dans sa tombe, et pourtant l’ambiance est joyeuse.

Ça représente cet amour que les gens ont pour les artistes. Il y a des gens qui ne comprennent pas – comme l’infirmier dans la pièce – que les artistes ont une place privilégiée dans le cœur du public. Ce n’est ni de l’exhibition, ni du narcissisme. Il y a des liens d’émotion qui se créent.

On l’a vu avec les obsèques de Johnny Hallyday…

Et il y a eu récemment Robert Hirsch avec qui j’ai débuté, Jean Rochefort qui était un ami. Je me suis retrouvé à des obsèques pendant la répétition d’Actrice, en voyant des gens entrer dans le fond de l’église et pleurer dans le noir, à l’ombre. Je trouve cela magnifique et incompréhensible. Quand on voit cet hommage rendu à Johnny qui faisait pleurer les gens avec une guitare, ça me rassure sincèrement sur la condition humaine.

Cela ne vous a pas angoissé quand Pascal Rambert vous a proposé de jouer une jeune actrice en train de mourir ?

Non, j’ai déjà par mon âge beaucoup accompagné des gens en fin de vie, j’ai travaillé avec des artistes qui sont aujourd’hui disparus. La pièce dit que les acteurs sont là pour nous délivrer de nos larmes. Il y a une forme d’apaisement à la fin avec ces questionnements sur le place de la foi, la place de l’art et du théâtre dans nos vies.

Propos recueillis par Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr

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